Neo-cloud : ce que la trajectoire de CoreWeave annonce pour Antimatter

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Neo-cloud : ce que la trajectoire de CoreWeave annonce pour Antimatter

Le marché vient de poser une valorisation à 63 milliards de dollars sur le neo-cloud, la catégorie dans laquelle nous investissons depuis 2022

Depuis le début de l'année, CoreWeave aligne les annonces. 35 milliards de dollars d'engagement avec Meta, un partenariat pluriannuel avec Anthropic, 6 milliards de dollars de Jane Street en capacité cloud et investissement equity. Au premier trimestre 2026, la société publie 2,08 milliards de revenus et un carnet de commandes de 99,4 milliards.

Pour nous, ces annonces ont un sens très précis. Wall Street vient de valider la thèse infrastructure IA que nous soutenons depuis nos premiers investissements dans Hivenet en 2022, puis Policloud en 2025.

Une trajectoire en six ans, d'Atlantic Crypto à Wall Street

CoreWeave naît en 2017 sous le nom d'Atlantic Crypto, et fait alors du minage d'Ethereum sur GPU NVIDIA. En 2019, ses fondateurs flairent une opportunité plus prometteuse. Les studios de VFX et les premiers chercheurs en machine learning peinent à accéder rapidement à des GPU chez les hyperscalers traditionnels. La société est rebaptisée CoreWeave et se réoriente entièrement vers cette nouvelle thèse. Avec l'explosion de la demande GPU à partir de 2022, elle devient l'un des rares acteurs capables de livrer des H100 à grande échelle.

Les jalons s'enchaînent alors :

  • Avril 2023 : Série B de $221 M, dont $100M apportés par NVIDIA (valorisation ~2 Md$).
  • Août 2023 : facilité de dette de 2,3 Md$ menée par Blackstone et Magnetar, adossée aux GPU comme collatéral. Une première dans le secteur.
  • Mai 2024 : levée de 1,1 Md$ menée par Coatue, valorisation de 19 Md$.
  • Mars 2025 : IPO sur le Nasdaq (CRWV), 1,5 Md$ levés. La plus grosse introduction tech soutenue par le venture capital aux États-Unis depuis 2021.
  • Septembre 2025 : premier contrat Meta à 14,2 Md$ et extension du contrat OpenAI à 6,5 Md$.


Entre 2023 et 2025, le chiffre d'affaires passe de 229 M$ à 5,13 Md$. CoreWeave vaut aujourd'hui environ 63 milliards de dollars en bourse, près de trente fois sa Série B il y a trois ans. Meta, Anthropic, OpenAI ou Jane Street, autant d'acteurs qui auraient choisi AWS, GCP ou Azure il y a trois ans, préfèrent désormais une infrastructure spécialisée. Le neo-cloud s'impose comme une classe d'actifs stratégique, et les capitaux suivent.

Trois sociétés, une plateforme

C'est dans ce contexte qu'Antimatter a été lancé à Cannes le 21 avril dernier, à l'issue de plusieurs mois de travail mené par David Gurlé pour réunir trois sociétés complémentaires.

  • Hivenet, d’abord, est un cloud distribué qui transforme la capacité de calcul inutilisée à travers le monde en infrastructure productive. Une thèse que nous avons soutenue dès son seed en juillet 2022.
  • Policloud, lauréate France 2030, conçoit et opère des micro-datacenters modulaires en containers, chacun pouvant accueillir jusqu'à 400 GPU et déployable en cinq mois. Nous avons signé son pre-seed en avril 2025.
  • Data Factory apporte l'ancrage américain de l'équation. Co-fondée par Richard Esteve et Richard Détente, la société est née dans la foulée de la grande tempête hivernale texane de février 2021, qui a fait s'effondrer le réseau électrique de l'État et révélé une opportunité massive autour des fermes électriques flexibles, capables d'absorber le surplus d'énergie renouvelable pour le restituer au bon moment. Elle possède aujourd'hui l'infrastructure électrique sur des sites de 50 MW à travers les États-Unis, soit une capacité d'accueil de plus de 115 000 GPU.


Les trois sociétés couvrent désormais toute la chaîne : l'énergie avec Data Factory, le hardware modulaire avec Policloud, le logiciel distribué avec Hivenet.

Antimatter, sur la vague de l'inférence

L'extraordinaire trajectoire de CoreWeave a démontré l'ampleur de la demande pour une infrastructure IA spécialisée et indépendante. Elle annonce aussi la prochaine étape de cette industrie. Comme l'a rappelé son PDG Mike Intrator, « as the market moves from training to inference, that distinction matters more than ever ».

L'inférence, c'est l'utilisation au quotidien des modèles d'IA une fois qu'ils sont entraînés : chaque requête à un chatbot, chaque action d'un agent autonome, chaque appel d'une application à un modèle. Avec l'arrivée de modèles open-source comme Kimi K2.6, de plus en plus d'entreprises souhaitent déployer leurs propres modèles sur une infrastructure dédiée, proche de leurs utilisateurs et de leurs données.

C'est exactement l'opportunité qu' Antimatter a anticipée. La société répond à cette demande avec une offre simple : un serveur loué à un tarif horaire fixe, une donnée qui reste chez le client, et un déploiement possible partout où l'énergie est disponible. Le modèle s'adresse à un segment immense (PME, laboratoires, administrations, secteurs régulés) qui représente la grande partie de la demande IA des prochaines années.

La suite logique

CoreWeave a écrit le premier chapitre public de l'histoire du neo-cloud. Antimatter, à notre conviction, écrira le suivant : une plateforme intégrée verticalement, distribuée, souveraine, taillée pour l'inférence, et déjà opérationnelle. La demande est massive et durable, et la prochaine vague de cette histoire sera distribuée.

Nous tenons à saluer David Gurlé, Richard Esteve et Richard Détente, qui portent cette vision, ainsi que toute l'équipe Antimatter: Bastien Vidal, Queenie Chan, Guillaume Goualard, Nishka Hemrajh, Sébastien Perret, Romain Barbier et Delphine Seguin, pour avoir construit cette plateforme dans des conditions qui auraient arrêté la plupart des équipes. Reste à Antimatter à surfer sur sa vague.